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Boulogne-Billancourt - Parcours 1930

Mis à jour : avr. 15


Boulogne-Billancourt peut être considérée sans conteste comme la ville moderniste de l'entre deux guerres, et plus particulièrement pour la période des années 1930 dont elle possède le plus grand patrimoine architectural de France.

​Deux nouveaux mouvements architecturaux vont succéder à l’Art Nouveau et la ville de l’ouest parisien va devenir l’un des terrains privilégiés des plus grand architectes de l’époque; Le Corbusier, les frères Perret, Robert Mallet-Stevens, André Lurcat et bien d’autres...

Pour preuve les nombreuses villas, hôtels particuliers et immeubles de rapport que je vous propose de découvrir en photos.


Photos : E.G Copyright 2020



Villas, Hôtels particuliers et Ateliers d'artistes

Hôtel Alfred Lombard

L’imposant hôtel particulier du peintre M. Lombard (un des célèbres décorateurs du paquebot Normandie).

Cet hôtel ouvert à la lumière du rond-point, est conçu sur la base d’un plan maçonnique, le soleil devant être présent sur la salle à manger à toute heure de la journée.

Les accès sont différés sur les rues latérales.

Hôtel Alfred LOMBARD, 1 avenue Jean Baptiste clément / 2 rue Gambetta - Architecte P. PATOUT (1928)


Rue Gambetta


3 rue Gambetta - Architecte J. Niermans (1935)





Hôtel particulier

Maison de l'architecte Jean Niermans.

La façade coté rue se distingue par une multiplicité d'ouvertures de dimensions variées.Une fente verticale (ici masquée par la verdure), des fenêtres à 2 ou 3 vantaux et un oculus.













Hôtel particulier

Etrangeté que la façade de cet hôtel particulier qui se distingue singulièrement des autres. L'architecte joue du style néoclassique avec l'usage de pilastres, chapiteaux et frontons à modillons. Ornements certes en vogue entre les deux-guerre mais à contre-courant du mouvement moderne qui s'impose de plus en plus naturellement dans ce quartier.







Le Corbusier consacre entre 1920 et 1930 une grande part de son activité à la construction de villas commandées par une clientèle aisée, sensible à l'art moderne et aux innovations architecturales. La plupart de ces villas se trouvent dans l'ouest de Paris et sa banlieue, et plus particulièrement à Boulogne-Billancourt.


Résidence-Atelier Miestchaninoff et Lipchitz

Face aux contraintes foncières, à l'étroitesse des terrains, les idées maitresses de l'architecte commencent à s'exprimer. Ces réalisations portent la marque des principes architecturaux de Le Corbusier; publiés quelques années plus tard ("Les 5 points d'une architecture nouvelle").

Fini les ornements décoratifs, place au béton bon marché, fonctionnel et malléable à souhait.

L'organisation intérieure devient très élaborée, que ce soit dans la relation entre les espaces et la circulation verticale et horizontale.


  • Le rez-de-chaussée pour les ateliers, les entrées et le garage.

  • L'étage intermédiaire pour les soupentes et vide.

  • Le 1er étage pour les appartements.

Les espace

Comme par exemple le toit-terrasse; .

Restaurée en 2013, ces 2 villas-ateliers ont retrouvé leurs couleurs d'origine imaginées par l'architecte en 1923.

Résidence Atelier Miestchaninoff, 5 rue des Arts - Architectes Le Corbusier et Pierre Jeanneret (1923-1926)


Atelier Lipchitz, 9 allée des pins - Architectes Le Corbusier et Pierre Jeanneret (1924)


Maison Albert Préjean

Jeux concave-convexe dans cette construction avec un parti pris total pour la dissymétrie.

Maison Albert Préjean, 1 rue du Pavillon / 32 bis rue de la Tourelle - Architecte M.V. Guilgot et M. Dalmas (1937)

Hôtel Dujarric de la Rivière

Hôtel particulier tout en sobriété, au service de la mise en valeur d'une salle unique qui accueillait l'orgue de la propriétaire sur 2 niveaux.

Hôtel Dujarric de la Rivière, 2 rue Salomon-Reinach - Architecte L. Faure-Dujarric (1930)

Atelier Joseph-Bernard

En fond de jardin, atelier du sculpteur Joseph Bernard, d'une totale simplicité pour mettre en valeur une oeuvre de l'artiste, "La frise de la danse" ,enchâssée sous la corniche de l'atelier.




Rue du Belvédère

Bordée de villas et d’hôtels particuliers, cette rue est l’une des plus élégantes de Boulogne-Billancourt.

Villa Godfray

Cette villa est un parfait exemple du "nudisme", avec sa façade de béton lisse, sans ordre ni symétrie, mais suivant la courbe de la rue. Courbe rappelée également par l’étroit balcon qui file sur toute la longueur de la façade. Tout ici témoigne du style international avec ce traitement résolument plus moderne sans aucune référence au classique.

Villa Godfray, 4 rue du Belvédère - Architecte Raymond Fischer (1927).

Hôtel de Pourtalès

Hôtel particulier à la façade concave, il s'inscrit ainsi harmonieusement dans la rue. La façade, totalement symétrique est de style néo-classique, comme en témoigne son attique (balustrade) et son oculus. Il fait face au n°4 (Maison Godfray) à la façade convexe. Les deux maisons épousant ainsi parfaitement la courbe de la rue.

Hôtel de Pourtalès, 5 rue du Belvédère - Architecte Raymond Bornay (1929)

Atelier GORDINE

Magnifique atelier d'artiste pour la sculptrice Dora Gordine. Bel maîtrise du béton armé pour l'époque, avec des allèges en panneaux de briques appareillées. Pour preuve cet édifice n'a quasiment subit aucune modification depuis sa réalisation.

Atelier GORDINE, 21 rue du Belvédère - Architectes Auguste et Gustave PERRET (1926)

Atelier Froriep de Salis

Cette résidence atelier construite pour la sculptrice Froriep de Salis.

Façade sur rue dotée d’une vaste baie vitrée surmontée d’une pergola.

Atelier Froriep de Salis, 9 rue du Belvédère - Architecte André Lurcat (1926-1927)

Atelier HURÉ

Les frères Perret réalisent pour Marguerite Huré son atelier, en même temps que celui de Dora Gordine. Cet atelier a depuis été fortement transformé par rapport à la réalisation initiale, notamment sa façade sur rue.

Atelier HURÉ, 25 rue du Belvédère - Architectes A. et G. PERRET (1926)


Immeubles collectifs

Belle architecture des années 30, style paquebot totalement assumé. Formes élancées et fenêtres d'angles en proue de navire. Larges fenêtres en bandeaux et présence de hublots dans la cage d'escaliers.

Nous sommes en pleine période de construction et mise à l'eau des grands paquebots transatlantiques; Le Britanic, Le Géorgie, Le Normandie, ...

Cet édifice a été élevé à la place d'un appartement-atelier élaboré par Le Corbusier en 1926. L'architecte G.H. Pingusson en a conservé la pointe du rez-de-chaussée.

Immeuble de rapport, 5 rue Denfert-Rochereau - Architecte Georges-Henri Pingusson (1933-1936)

Ancien ensemble immobilier de "La France Mutualiste". Il se prolonge sur la voie privée Pau-Casals, anciennement rue de la France mutualiste.

La France Mutualiste, 25 avenue J.B.Clément - Architecte E. Bénier (1933)

Ancien ensemble immobilier de "La France Mutualiste". Il se prolonge sur la voie privée Pau-Casals, anciennement rue de la France mutualiste.




Immeuble pierre de taille et structure en béton d'apparence classique. Son plan en T (côté cour) permettant ainsi de rentabiliser l'espace et garantir la luminosité de l'aile transversale. Le bâtiment se décompose en 2 parties; un plan plat à gauche à 3 travées de fenêtres et à droite une travée unique en saillie convexe dotée d'une baie vitrée à double hauteur au dernier étage.

Immeuble de rapport, 52 rue de la Tourelle - Architecte Urbain Cassan (1924)

Groupe d'immeubles proche du Parc des Princes, d'une grande densité. Impression de puissance sur cette réalisation, renforcée par le revêtement en pierre de la façade, les balcons disposés en franche saillie ainsi que les oriels très prononcés.

Immeuble de rapport, 60-62 rue de la Tourelle - Architecte Constant Lefranc (1929-1931)

Voici un court aperçu de la richesse architecturale de l'entre deux-guerres rencontrée à Boulogne-Billancourt. Ce tour d'horizon est sans aucun doute incomplet, un autre post sera nécessaire pour les réalisations non évoquées dans celui-ci; je pense bien évidement à l'Hôtel de ville de Tony Garnier (1934), l'Hôtel des postes de Charles Giroud (1938), l'immeuble Molitor (1934) et la villa Cook (1927) de Le Corbusier, la Villa Collinet de Robert Mallet-Stevens (1926), la villa Dubin de Raymond Fischer (1928) et bien d'autres...


Merci.

E.G.


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